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Les
armées du Second Empire
En
prenant le pouvoir, le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon,
prince-président, trouvait une armée dont la valeur était
certaine ; elle héritait d'anciennes traditions et était
forgée au feu de cent combats au cours des vingt dernières
années, dans les territoires du nord de l'Afrique auxquels
nous donnâmes en 1839 le nom d'Algérie.

Grande
vitrine de la cavalerie de la Garde impériale
Nos
officiers y apprirent une guerre de caractère très particulier
que bon nombre d'entre eux, anciens soldats du Premier
Empire, avaient déjà pratiquée en Espagne de 1808 à
1813. Appelée à agir plus tard dans de nouveaux pays, l'Armée
d'Afrique y apporta son expérience. Cependant, au cours
de cette conquête de l'Algérie, nos troupes oublièrent les
enseignements des campagnes napoléoniennes et, lorsque les
événements rallumeront des guerres en Europe, cet oubli
des anciens principes se fera durement sentir et sera une
des causes des défaites de
l'Année-terrible de 1870-1871.

A
l'imitation de son oncle, Louis-Napoléon, avant même
le proclamation de l'Empire, reprit le symbole de
l'aigle romaine. Trois modèle furent distribués à
l'armée : 1852 et 1854 (celui-ci)en bronze doré, 1860
en aluminium doré.
Cinq
salles du château ont été aménagées pour recevoir les collections
relatives à cette période de notre histoire. La première,
la galerie Jean Ferrier, construite au XVIe siècle, sert
de cadre à la présentation de l'armée du second Empire.

Officier
des dragons de la Garde impériale
En
1854, Napoléon III créa sa Garde impériale à l'image de
celle du Premier Empire. Pour l'infanterie, un régiment
de zouaves vint se joindre aux grenadiers, voltigeurs et
chasseurs à pied. La cavalerie se composait des cuirassiers
(2 régiments), des dragons, des lanciers, des chasseurs
et des guides mais sans grenadiers à cheval. En 1867, les
carabiniers passèrent dans la Garde. L'artillerie, le génie
et le train des équipages complétaient ce corps d'élite
au luxe vestimentaire étonnant. L'escadron des Cent-Gardes
constituait la Garde personnelle de l'Empereur et ne comptait
pas dans la Garde impériale.
L'infanterie
se composait de 75 régiments de ligne et de 25 légers, devenus
100 régiments de ligne à la suppression de l'infanterie
légère en 1855 ; 20 bataillons de chasseurs à pied, 3 régiments
de zouaves, 3 bataillons d'infanterie légère d'Afrique,
2 régiments de légion étrangère, 3 bataillons de tirailleurs
devenus plus tard 3 régiments.
La
cavalerie comprenait : 2 régiments de carabiniers, 10 de
cuirassiers, 12 de dragons, 8 de lanciers, 1 des guides
(passé dans la garde), 12 de chasseurs, 9 de hussards, 4
de chasseurs d'Afrique et 3 de spahis. L'artillerie compta
17 puis 20 régiments et le train des équipages 5 escadrons
devenus plus tard 3 régiments. Enfin, les troupes de la
marine etaient constituées de 4 régiments d'infanterie et
d'un régiment d'artillerie.

Officier
du régiment des guides
En
1851, l'arme à feu était toujours le fusil à percussion
et âme lisse. Les troupes reçurent quelques armes à canon
rayé en 1854, notamment la Garde impériale et les zouaves.
Toutes les armes furent rayées à partir de la campagne d'Italie
(1859) et le fusil à chargement par la culasse (système
1866 "Chassepot") armait la presque totalité des
troupes à la fin du Second Empire. En ce qui concerne l'artillerie,
le système en vigueur était celui mis au point par le général
Vallée en 1827 ; Napoléon III lui-même fit rayer les canons
en 1858 et ceux-ci furent employés sur les
champs de bataille d'Italie ; mais ils se chargeaient
toujours par la bouche.
La
"Chambre de Monseigneur", où logèrent les archevêques
et les hôtes de marque comme Marie de Médicis et Louis XIV,
et dont la cheminée et le plafond viennent d'être restaurés,
abrite les souvenirs de l'empereur Napoléon III, du prince
impérial et de l'impératrice Eugénie, ainsi que quelques
éléments choisis des Cent-Gardes et de la Garde impériale.
Les
salles suivantes, dont la chapelle haute du Xlle siècle
à la voûte en arceau brisé, présentent les différentes campagnes
du Second Empire.
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