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Les
campagnes de 1812 à 1815
La
salle où se trouve les vitrines des campagnes de
1812 à 1815 est une des plus grandes du château et
celle dont le plafond est le plus élevé car on y jouait
jadis au jeu de paume. Une ambiance de pénombre a été observée
dans la présentation car on entre ici dans la seconde partie
de l'Empire, celle des années sombres, des revers et de
la chute. Ce type d'atmosphère est typique du musée
de l'Empéri et doit beaucoup à la sensibilité
de M. Brunon.

Lit
utilisé par l'empereur à Saint-Hélène en 1819.
Le fond est un agrandissement de la célèbre gravure de Raffet
(la revue nocturne).
Une
succession de vitrines présente la tragique campagne
d'Espagne (1808-1814), l'aventure démesurée de Russie (1812),
le sursaut de Saxe et ses occasions perdues (1813), lhéroïque
et géniale campagne de France (1814), l'île d'Elbe
et son légendaire "retour", et enfin Waterloo.
On y découvre
des casques, des shakos, des habits d'uniforme, des armes
portant des numéros des régiments présents au siège de Saragosse,
à la bataille de la Moskowa, à Lutzen, à Leipzig
ou à Montmirail ...

Campagne
de 1815. Officier porte-aigle et lancier rouge de la Garde
impériale.
Emblèmes des Cent-Jours ayant pris part à la campagne de
Belgique.
Esquisse originale d'Edouard Detaille pour le Panthéon.
Ces
vitrines présentent également des reliques provenant des
champs de bataille comme cette épée d'un officier d'infanterie
légère mort à Smolensk, un casque du 14e cuirassiers exhumé
de la terre de Leipzig, des boulets de canon recueillis
à la Moskowa et à Toulouse, une poignée de sabre prussien
des combats de 1814 trouvée cent ans plus tard dans la glaise
des tranchées du Chemin des Dames par Raoul Brunon, et une
Légion d'honneur, mutilée par un coup de sabre, d'un chasseur
à cheval de la Garde tué à Waterloo.

Sabre
d'officier de carabinier
Enfin,
elles exposent des images parfois pittoresques de soldats
des armées prussiennes, autrichiennes, anglaises, russes,
espagnoles ; des lettres officielles de l'Empereur pour
l'envoi de troupes en Espagne, des lettres naïves à en-têtes
coloriés de conscrits de 1813, des bulletins de la grande
armée, des affiches, des cartes...

Aigle
en bronze doré des drapeaux et étendards de l'armée impériale
de 1804 à 1814
Le
visiteur pénètre ensuite dans une salle plus petite, au
premier étage de la grosse tour du château, où sont exposés
des souvenirs de l'exil de l'empereur à Sainte-Hélène et
des objets, dessins et gravures de la légende napoléonienne.
Peu
à peu, la Grande Armée a semé sur son chemin la plupart
de ses vieux soldats qui, rompus au métier, insensibles
aux souffrances et au danger, détachés du reste du monde,
trouvaient dans leur régiment leur famille et leur vie ;
l'aigle, considéraient-ils, était le clocher de leur village.
Auprès de ces "grognards", comme aimait à les
appeler l'Empereur, les jeunes apprirent à camper et à se
battre, pensèrent moins à tout ce qu'ils avaient laissé,
se pénétrèrent du sentiment de l'honneur des armes ; ils
suivirent leurs anciens et se rendirent dignes d'eux. Raffet,
Bellangé et Charlet ont fixé le souvenir des uns et des
autres, créant la légende napoléonienne.

Officier
de carabiniers 1811-1815
A
la suivre au long de son histoire, la Grande Armée, bien
que vaincue à Waterloo, conserva intacte sa lourde moisson
de lauriers sans que ses ennemis, vainqueurs, aient pu l'abaisser
et se dire eux-mêmes grandis.
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