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La fin de la campagne
Vers Abomey
L'expédition
se dirige alors vers Abomey, à travers une brousse épaisse
et inhospitalière. Divisées en trois colonnes, avec le convoi
au centre sur la piste, les forces françaises sont constamment
harcelées par un ennemi qui comble également les puits et
les assoiffent.
Peu
avant la rivière Koto, dernier obstacle avant Abomey, l'armée
dahoméenne décide de porter un coup d'arrêt et s'établit dans
une position forte de trois lignes de défense. Le 14 octobre,
le colonel Dodds tente de la tourner par le nord mais ses
troupes ne peuvent atteindre la rivière en raison d'une végétation
inextricable. En fin de journée, pressés par les Dahoméens
et manquant d'eau, les hommes de Dodds doivent se retirer
sur une colline.
Le
lendemain, ils repoussent un assaut ennemi, lui infligeant
de lourdes pertes mais une corvée d'eau escortée par une compagnie
de tirailleurs sénégalais doit être dégagée par une compagnie
de Légion avant d'avoir pu remplir les bidons. Le 16, les
troupes françaises décrochent et rejoignent le convoi. 200
blessés sont renvoyés vers l'arrière. Dodds ne dispose que
de 1 586 hommes et d'environ 2 000 porteurs.
Avec
le renfort de deux compagnies de tirailleurs sénégalais, soit
près de 400 combattants supplémentaires, Dodds décide néanmoins
de reprendre l'offensive. Il divise ses forces en quatre groupes.
Chacun d'eux comporte une compagnie de légionnaires et deux
d'indigènes. Trois d'entre elles bénéficient du soutien de
deux pièces d'artillerie.
L'armée
dahoméenne se trouve dans une situation encore plus critique.
Le roi Béhanzin décide alors de négocier pour sauvegarder
l'indépendance de son royaume mais les Français exigent des
conditions qu'il ne peut remplir. Le 3 novembre, ses troupes
attaquent de nouveau le campement français sans plus de succès.
Désormais, elles n'opposent plus qu'une résistance sporadique
sauf à Cana ou 300 Dahoméens combattent jusqu'au dernier pour
défendre cette cité royale. Le 17, les Français entre dans
Abomey, détruite par ses habitants. Béhanzin sera pris le
26 janvier 1894 et exilé en Martinique puis en Algérie.

Les
forces du colonel Dodds devant Abomey (17 novembre 1892)
Bilan de l'expédition
Au total,
les pertes françaises s'élèvent à 11 officiers et 70 soldats
tués plus 25 officiers et 411 soldats blessés. Mais il faut
y ajouter environ cinq fois plus de malades.
Le
principal adversaire est donc plus le climat qu'une armée
dahoméenne certes courageuse mais dépourvue de sens tactique.
De
l'avis de tous, et notamment du général Dodds, la Légion étrangère
joue un rôle déterminant dans cette campagne. Si les unités
des troupes de marine n'existent plus comme forces combattantes
à la mi-octobre, le bataillon de marche reste opérationnel
jusqu'aux derniers combats avec deux tiers de ses effectifs
encore en ligne. A chaque engagement, les charges à la baïonnette
des légionnaires disloquent les rangs ennemis.
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