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LE XIXe SIECLE


L'EXPEDITION DU DAHOMEY (1892)
par le docteur Jean-Philippe Liardet, PhD

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La fin de la campagne


Vers Abomey

L'expédition se dirige alors vers Abomey, à travers une brousse épaisse et inhospitalière. Divisées en trois colonnes, avec le convoi au centre sur la piste, les forces françaises sont constamment harcelées par un ennemi qui comble également les puits et les assoiffent.

Peu avant la rivière Koto, dernier obstacle avant Abomey, l'armée dahoméenne décide de porter un coup d'arrêt et s'établit dans une position forte de trois lignes de défense. Le 14 octobre, le colonel Dodds tente de la tourner par le nord mais ses troupes ne peuvent atteindre la rivière en raison d'une végétation inextricable. En fin de journée, pressés par les Dahoméens et manquant d'eau, les hommes de Dodds doivent se retirer sur une colline.

Le lendemain, ils repoussent un assaut ennemi, lui infligeant de lourdes pertes mais une corvée d'eau escortée par une compagnie de tirailleurs sénégalais doit être dégagée par une compagnie de Légion avant d'avoir pu remplir les bidons. Le 16, les troupes françaises décrochent et rejoignent le convoi. 200 blessés sont renvoyés vers l'arrière. Dodds ne dispose que de 1 586 hommes et d'environ 2 000 porteurs.

Avec le renfort de deux compagnies de tirailleurs sénégalais, soit près de 400 combattants supplémentaires, Dodds décide néanmoins de reprendre l'offensive. Il divise ses forces en quatre groupes. Chacun d'eux comporte une compagnie de légionnaires et deux d'indigènes. Trois d'entre elles bénéficient du soutien de deux pièces d'artillerie.

L'armée dahoméenne se trouve dans une situation encore plus critique. Le roi Béhanzin décide alors de négocier pour sauvegarder l'indépendance de son royaume mais les Français exigent des conditions qu'il ne peut remplir. Le 3 novembre, ses troupes attaquent de nouveau le campement français sans plus de succès. Désormais, elles n'opposent plus qu'une résistance sporadique sauf à Cana ou 300 Dahoméens combattent jusqu'au dernier pour défendre cette cité royale. Le 17, les Français entre dans Abomey, détruite par ses habitants. Béhanzin sera pris le 26 janvier 1894 et exilé en Martinique puis en Algérie.

Les forces du colonel Dodds devant Abomey (17 novembre 1892)

 


Bilan de l'expédition

Au total, les pertes françaises s'élèvent à 11 officiers et 70 soldats tués plus 25 officiers et 411 soldats blessés. Mais il faut y ajouter environ cinq fois plus de malades.

Le principal adversaire est donc plus le climat qu'une armée dahoméenne certes courageuse mais dépourvue de sens tactique.

De l'avis de tous, et notamment du général Dodds, la Légion étrangère joue un rôle déterminant dans cette campagne. Si les unités des troupes de marine n'existent plus comme forces combattantes à la mi-octobre, le bataillon de marche reste opérationnel jusqu'aux derniers combats avec deux tiers de ses effectifs encore en ligne. A chaque engagement, les charges à la baïonnette des légionnaires disloquent les rangs ennemis.

 

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