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La formation
du corps expéditionnaire français
Le contexte
Napoléon
III cherche par tous les moyens à rétablir le
prestige perdu de la France. Il obtient de l'Empire Ottoman
le rôle de protecteur des lieux saints de Jérusalem.
La Russie orthodoxe proteste immédiatement et envoie
un ultimatum à Constantinople, en avril 1853. Napoléon
III est bien décidé à ne pas céder,
d'autant qu'il dispose du soutien de l'Angleterre, inquiète
de la politique d'expansion
russe vers la Méditerranée. Le 22 juin, les
armées russes envahissent les provinces roumaines de
Moldavie et de Valachie. Les négociations se poursuivent
mais le Tsar Nicolas Ier refuse d''évacuer les territoires
conquis.
Le
4 octobre, l'empire Ottoman, fort du soutien de la France
et de l'Angleterre, déclare la guerre à la Russie.
L'armée turque remporte une victoire à Oltenitza
sous la conduite de Omar Pasha. Le 20 novembre, la flotte
turque est cependant détruite à Sinope. L'opinion publique
anglaise est outragée et, le 3 janvier 1854, les flottes
françaises et anglaises pénètrent dans la mer Noire pour protéger
les côtes et le commerce turques. Le 12 mars, les deux pays
s'allient officiellement à la Turquie. Les Russes ripostent
le 20 mars en attaquant la Bulgarie, également territoire
ottoman.
Le
28 mars, la France et l'Angleterre déclarent la guerre
à la Russie. Une alliance entre les deux pays est signée
le 10 avril et un corps expéditionnaire est déployé
à Varna, en Bulgarie, le 30 mai. Il va peu combattre mais
subir de loudres pertes en raison d'une terrible épidémie
de choléra. Après avoir signé une alliance défensive
avec la Prusse, l'Autriche concentre une armée de 50 000 hommes
dans ses provinces frontalières avec la Russie (Galicie et
Transylvanie). Avec l'autorisation de l'empire ottoman, elle
pénètre dans ses principautés du Danube pour les protéger.
Devant cette nouvelle menace, la Russie retire ses forces
de Bulgarie et des principautés roumaines tout en continuant
à refuser les propositions de paix faites par la France,
l'Angleterre, l'Autriche et la Prusse à Vienne (8 août 1854).
La
France et l'Angleterre décide de porter un coup décisif
à la Russie pour la contraindre à accepter leurs
propositions de paix en débarquant un corps expéditionnaire
en Crimée pour s'emparer de la grande base navale de
Sébastopol. D'autres opérations mineures se
déroulent dans la Baltique
La naissance de l'armée d'Orient
Le
maréchal Saint-Arnaud, un ancien de la Légion étrangère, a
abandonné son poste de ministre de la Guerre pour prendre
le commandement de l'armée d'Orient constituée à
partir du 15 mars. Celle-ci comporte initiallement 3 divisions
de deux brigades à deux régiments d'infanterie,
soit 34.000 et 8.200 chevaux. Il est rapidement décidé
d'en ajouter une quatrième.
Certains
officiers craignent de dégarnir une Algérie à peine pacifiée.
Cependant, la présence d'unités de l'armée d'Afrique en Crimée
est indispensable. La constitution d'une armée d'Orient qui
comportera huit divisions à la fin de l'année nécessite en
effet la mobilisation de la deuxième portion des contingents
1849-1852 et l'augmentation du contingent 1853. Le manque
d'entraînement des réserves fait que la moitié des forces
françaises est dépourvue d'instruction militaire.
Les
trois régiments de Zouaves, plus tard rejoints par
le régiment de zouaves de la Garde impériale,
le 1er puis le 2e régiment de la Légion étrangère,
le régiment de tirailleurs algériens, les quatre
régiments de chasseurs d'Afrique et les bataillons
disciplinaires sont engagés dans la campagne. L'Armée
d'Afrique représente très vite un tiers de l'armée
d'Orient avec un total de 10 000 hommes sur 30 000. L'année
suivante, ce nombre sera porté à 18 000 mais
sur un total de plus de 100 000 hommes. Les unités
de l'Armée d'Afrique seront cependant toujours à
la pointe du combat avec les zouaves mais aussi les légionnaires,
les tirailleurs et les chasseurs.
Cette
armée à rapidement besoin d'un parc de siège
et les besoins en ravitaillement sont rapidement très
importants. La marine éprouve de grosses difficultés
car il faut en moyenne quinze jours de mer pour atteindre
le théâtre d'opération. Des navires privés
sont affrétés mais il faut aussi le soutien
de la Royal Navy.

Les
légionnaires sont surnommés les "ventres
de cuir" par les assiégés
en raison de leur large cartouchière de ceinture.
par Benigni
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