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Les derniers combats (suite )
Désormais
les jours de la Légion étrangère comme force
combattante sont comptés. Au mois de mai 1837,
une armée espagnole conduite par le général
Iribarren tente d'intercepter une attaque
carliste en direction de la Catalogne. Le
24 vers dix-sept heures, les deux armées entrent
en contact devant la ville de Huesca où les
Carlistes décident de prendre leur cantonnement.
Iribarren décide alors de passer à l'attaque
et lance la Légion étrangère dans un assaut
voué à l'échec. Après un succès initial, la
Légion se trouve menacée d'encerclement car
le reste de l'armée n'a pas suivi. Iribarren
renforce Conrad avec un bataillon, puis est
tué à la tête de sa cavalerie en essayant
de dégager l'aile gauche de la Légion assaillie
par les Carlistes. Conrad réussit alors l'exploit
de conduire une retraite en bon ordre mais
la Légion étrangère sort exsangue de la bataille.
Près de 400 légionnaires sont hors de combat
et un millier d'autres voient l'expiration
de leur contrat.
Le
général Marcelino Oraa qui prend le commandement
de l'armée décide lui aussi de passer à l'offensive.
Le 2 juin, ses troupes montent à l'assaut
de la petite bourgade de Barbastro mais la
contre-attaque ennemie disperse son aile droite.
La Légion étrangère placée en réserve se retrouve
brusquement face à son homologue carliste,
composée de 800 anciens légionnaires. Les
camarades des deux camps se reconnaissent
et s'interpellent parfois amicalement. Puis
un combat féroce s'engage où les deux unités
sont pratiquement anéantis. Conrad est cependant
tué d'une balle en plein front en essayant
de rallier l'aile gauche espagnole en déroute.
Le capitaine Bazaine réussit à soustraire
son corps à l'ennemi alors que la Légion,
saignée à blanc, est entraînée dans la débâcle
espagnole.
Le
témoignage du baron Wilhelm von Radhen, officier
allemand servant chez les Carlistes, sur le
combat opposant les deux Légions étrangères
lors de la bataille de Barbastro (2 juin 1837)
montre le professionnalisme et l'ardeur au
combat des légionnaires et des anciens légionnaires
:
"je
n'ai jamais eu, au cours de ma carrière militaire
pourtant mouvementée - ni avant, ni après
-, le spectacle d'une mêlée aussi sanglante
que celle à laquelle j'assistai. les soldats
se reconnaissaient dans le combat ; ils s'appelaient
de leurs noms et surnoms, en français ou en
allemand, s'approchaient les uns des autres
en amis, se parlaient, se questionnaient,
et se tuaient ensuite froidement à coups de
fusil."
La
fin
Les débris de la Légion
étrangère vont encore combattre plusieurs
mois avant d'être rapatriés en janvier 1839.
Il ne reste alors plus que 63 sous-officiers
et 159 légionnaires. Forte de 37 hommes, la
batterie d'artillerie est dissoute le 1er
avril 1839, après une participation efficace
aux derniers combats. Don Carlos se livre
à la police française en septembre après avoir
traversé la frontière avec 20 000 partisans.
6 000 autres combattent jusqu'en mai 1840
avant de faire de même.
Le
rôle de la Légion étrangère dans cette campagne
Même si la cause carliste
semble perdue dès le milieu de l'année 1835,
il est incontestable que la Légion étrangère
joue un rôle décisif dans cette campagne.
Elle forme l'épine dorsale des troupes d'Isabelle
II, au contraire d'une Légion britannique
inefficace car en grande partie constituée
par les bas-fonds de Londres. Elle empêche
ainsi le conflit de perdurer et ôte aux Carlistes
tout espoir d'inverser le cours des événements.
Le rôle du colonel Bernelle
est tout aussi déterminant pour l'avenir de
la Légion étrangère. Il la transforme en un
corps autonome et démontre son aptitude au
combat malgré le manque de soutien du gouvernement
français comme du gouvernement espagnol.
Le général Bernelle
En
avril 1833, il prend le commandement de la
Légion étrangère. Souvent décrié pour son
intransigeance et les interventions répétés
de sa femme dans la gestion du corps lors
de la campagne d'Espagne, il donnera néanmoins
toute sa cohésion à la Légion avec le principe
de l'amalgame et sera un chef exemplaire au
combat. Sur le plan tactique, il fera de son
corps un instrument redoutable avec l'ajout
de cavalerie, d'artillerie et d'éléments du
génie. Il démontre ainsi dès cette époque
que le légionnaire n'est pas seulement un
fantassin lourd.
Le colonel Conrad
Très
aimé de ses hommes qui le suivent au combat
sans hésitation et le surnomme familièrement
" Der alte Fritz " (le vieux Fritz).
On l'appelle aussi " Le brave au cheval
blanc " car il se trouve toujours au plus
fort de la bataille. Il mourra ainsi d'une
balle en plein front, le 2 juin 1837, lors
de la bataille de Barbastro.
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