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Une résistance acharnée
Vers 9 heures du matin, Après une démonstration
de force, les Mexicains envoient un parlementaire dorigine
française, le lieutenant Ramon Laisné, demander la reddition
de la 3e compagnie. La capitaine Danjou refuse.
Les cavaliers démontés lancent une première attaque maladroite
mais doivent se retirer avec de lourdes pertes, handicapés
par leur équipement trop lourd. Danjou jure de ne jamais se rendre et demande
à ses hommes de faire de même. Ce quils font avec ardeur.
Il est tué dune balle en plein poitrine en traversant
la cour pour inspecter ses positions à 11 heures. Le sous-lieutenant Vilain prend alors le commandement.
Dehors, un clairon sonne, accompagné par les roulements dun
tambour : peut-être est-ce le degueño, lair
joué par les Mexicains lors de lassaut final du fort
Alamo au Texas, le 6 mars 1836. Les attaquants ne feront pas
de quartier.

Le
capitaine Danjou fait jurer à ses hommes de ne pas se rendre.
La fumée au plafond ne provient
de lincendie qui sera allumé dans laprès-midi
seulement mais est dégagée par les fusils.
Par Pierre Bénigni
Le
colonel Milan renouvelle sa proposition
de reddition sans succès. Linfanterie mexicaine prend
dassaut lhacienda mais les défenseurs tiennent
bon. Vers deux heures de laprès-midi, ils doivent abandonner
le bâtiment principal où les Mexicains ouvrent maintenant
le feu à travers des trous percés dans le plancher. Peu après,
le sous-lieutenant
Vilain tombe, touché dune balle en plein front.
Le sous-lieutenant Maudet
lui succède, même sil est désormais impossible de coordonner
laction des divers groupes de défenseurs.

Retranchés
dans l'hacienda, les légionnaires feront preuve d'une résistance
extraordinaire.
Composition d'Edouard Detaille
A quatre heures les légionnaires résistent
encore. Les assaillants décident alors de les enfumer puis
creusent des brèches dans les murs. Mais à cinq heure et demi,
les défenseurs, réduits à trente, combattent toujours malgré
la fatigue, la soif et la faim.
Exaspéré,
le colonel Milan décide
de lancer un assaut général. Il suspend lattaque et
fouette le courage de ses hommes qui submergent alors les
douze derniers légionnaires. Quatre dentre eux, dont
le caporal Berg, sont pris
vivants mais les huit autres se retranchent dans le hangar
où ils tiennent encore une heure.

Les
légionnaires cherchent des munitions sur leurs morts pour
continuer le combat.
Le
sous-lieutenant Maudet
et les 4 derniers légionnaires chargent à la baïonnette après
avoir tiré leur dernière cartouche dans une salve dérisoire.
Lofficier est blessé à la jambe et à la hanche malgré
le sacrifice du légionnaire Catteau qui se jette devant lui
pour le protéger de son corps et tombe, criblé de 19 balles.
Le caporal Maine et les
deux autres légionnaires acceptent de se rendre à condition
de conserver leurs armes et davoir leurs blessés soignés.
Impressionné par leur courage, le colonel Angel Lucido Cambas,
élevé en France, accepte. Le colonel
Milan auquel on amène les survivants est surpris de leur
petit nombre. Ce ne sont pas des hommes, ce sont des démons,
sexclama-t-il. 33 légionnaires sont morts et 31 faits
prisonniers. Ils sont presque tous blessés, 19 mourront dailleurs
en captivité. Les Mexicains ont plus de 300 tués et blessés.

La
charge héroïque mais désespérée du sous-lieutenant Maudet
et de ses hommes.
Par Pierre Bénigni
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