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DIEN BIEN PHU - 1954

par le docteur Jean-Philippe Liardet, PhD

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L'assaut final

Le 30 avril, l'officier le plus élevé en grade de la Légion étrangère, le lieutenant-colonel Lemeunier, reçoit le général de Castries, le colonel Langlais et le lieutenant-colonel Bigeard pour fêter Camerone. Un peu partout dans le camp, les anciens se débrouillent également pour commémorer l'événement.

Le 1er mai dans l'après-midi, Giap lance sa troisième offensive. Après trois heures de bombardement, 3 divisions viets montent à l'assaut. Sur Eliane 1, les derniers parachutistes du RCP luttent toute la nuit. A l'aube, 18 blessés sur 180 hommes parviennent à regagner les lignes françaises. Sur Dominique 3, les Thaï et les Algériens succombent après 6 heures de résistance acharnée.
Sur Huguette 4, la division 308 se contente d'une reconnaissance en force sur les positions des légionnaires parachutistes. Puis vers 2 heures du matin, après une heure d'un bombardement d'une violence inouïe, les bo doïs déferlent sur Huguette 5 où le lieutenant Stabenrath ne commande plus que 29 hommes pour la plupart blessés. Ils tiennent cependant une heure et demie. Une cinquantaine de légionnaires du 1er bataillon du 2e REI tentent une vaine contre-attaque mais ne recueillent que 3 légionnaires dont leur chef, grièvement blessé mais ramené par le caporal Grana.

Le lendemain, la compagnie du 1er BCP larguée dans la nuit est déployée sur Eliane 2 pour relever les légionnaires de la 13e DBLE. Le 4 mai à 3 heures du matin, la division 308 submerge en un peu plus d'une demi-heure les 80 légionnaires parachutistes et tirailleurs marocains commandé par le capitaine Luciani sur Huguette 4.

Ces victoires coûtent cependant très cher au Viet minh qui poursuit ses travaux d'approche lors des deux jours et des deux nuits suivantes. Du côté français, on se prépare à une percée vers le Laos dont on sait qu'elle sera meurtrière et désespérée. Dans la nuit du 5 au 6, 94 hommes du 1er BPC sautent en renfort. Ce sont les derniers. Mais le 6 mai dans la soirée, Giap déclenche une attaque générale. Les lance-roquettes multiples soviétiques, les fameux " orgues de Staline " font leur apparition et écrasent les défenseurs. A deux heures du matin, le sommet d'Eliane 2 disparaît dans l'explosion de la sape creusée par les Viets. Sonnés, les parachutistes du 1er BPC réussissent cependant à tenir une partie de leurs positions. Les soixante légionnaires survivants de la 13e DBLE contre-attaquent derrière le capitaine Coutant pour réoccuper les positions qu'ils ont quitté quelques heures plus tôt pour se reposer. Certains parviennent au sommet et vont s'y maintenir de longues heures avant de succomber. Une trentaine s'accrochent au pied d'Eliane 2 autour de leur chef. Le lieutenant Lacour Grandmaison quitte Huguette 2 pour tenter une ultime contre-attaque avec une vingtaine de légionnaires mais il est détourné sur Eliane 4 où il arrive avec une poignée d'hommes. Sur Huguette 2 et 3, les légionnaires parachutistes repoussent les assauts ennemis Sur Claudine 5, quelques légionnaires s'opposent au régiment 102.

Malgré l'intervention d'un des derniers chars opérationnel, la position est perdue dans la nuit. Eliane 10, Huguette 2 et 4 succombent à l'aube du 7 mai. Eliane 3 et 4 tiennent jusqu'à 10 heures Le sergent Kubiak et 4 légionnaires traversent la Nam You parmi les derniers. Les derniers chars ont fait leur possible pour couvrir les blessés puis les rares rescapés des points d'appui à l'est de la rivière.

La fin

La situation de la garnison est maintenant désespérée. A 17 heures 30, elle capitule après 57 jours de résistance. La bataille n'est cependant pas encore tout à fait terminée. Sur Isabelle le colonel Lalande décide de tenter une percée car ses troupes conservent toute leur cohésion. Vers minuit, trois groupes tentent de percer le dispositif viet mais celui-ci reste infranchissable. Une petite centaine de combattants seulement va réussir à rejoindre les lignes françaises. Les autres sont pris ou refoulés sur leurs positions où ils doivent se rendre au matin.
Avec les parachutistes, les légionnaires ont été l'âme de la résistance. Ils n'ont cédé que devant la supériorité de la puissance de feu d'un ennemi supérieur en nombre. Quatre cinquièmes des pertes sont en effet imputables à l'artillerie Viet minh. 1.500 des 4.000 morts au combat et 4.000 des 7.000 prisonniers appartiennent à la Légion. Tous sont épuisés et affamés, plus de la moitié blessés. Ils seront peu nombreux à rentrer de captivité. Certains ressortissants des pays de l'Est seront même renvoyés dans leur pays. Quelques uns franchiront le rideau de fer pour rejoindre de nouveau la Légion. Cette victoire décisive coûte à Giap environ 10.000 tués et probablement le double de blessés.

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