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[note
de la rédaction : Philippe Rouyer
a étudié les applications du microfilm en
France, aux États-Unis (boursier Fulbright
en 1989 et 1995) et au Royaume-Uni (boursier
du British Council, 1990). Auteur de nombreux
articles dans des revues spécialisées, il
a soutenu en 1999 une thèse sur l'Evolution
de la technique cinématographique et l'émergence
de la micrographie documentaire (Paris III
Sorbonne nouvelle). Philippe Rouyer oriente
désormais ses recherches sur les applications
militaires du microfilm au cours de la Seconde
Guerre mondiale s'intéresse également
beaucoup à la production des avions
de guerre britanniques]
Le
vol à haute altitude
Jusqu'à
l'arrivée des chasseurs à long rayon d'action,
les bombardiers qui partaient en mission au-dessus
de l'Allemagne devaient assurer seuls leur
protection. Ils disposaient d'un armement
défensif plus ou moins efficace selon les
types d'appareils, qui leur permettait de
lutter contre les chasseurs ennemis, mais
n'était aucune utilité face aux canons de
défense anti-aérienne. Les bombardiers britanniques
comme le Lancaster ou le Hallifax,
étaient dotés de mitrailleuses Browning de
calibre 0.303 (7,7 mm) dont la cadence de
tir rapide ne compensait pas le petit calibre,
ainsi que les pilotes de chasseurs en avaient
fait l'expérience au cours de la bataille
d'Angleterre. Les avions américains recevaient
des mitrailleuses de 0.50 (12,5 mm), globalement
plus efficaces.

Lancaster
Photo
: Canadian
Warplane Heritage Museum
En
revanche, l'altitude mettait les bombardiers
partiellement à l'abri de la Flak et
leur conférait un relatif avantage face aux
chasseurs, ces derniers perdant beaucoup de
leur maniabilité au-dessus de 20 000 pieds.
En 1940, le vol à haute altitude posait encore
de nombreux problèmes, pour l'homme et pour
la machine. À mesure que l'on s'élève, l'air
devient moins dense : il devient moins porteur,
le moteur perd progressivement sa puissance,
et la quantité d'oxygène n'est plus suffisante
pour entretenir la vie. Sur les bombardiers
lourds, la question de la portance avait été
résolue en augmentant considérablement la
surface alaire : l'envergure des appareils
les plus typiques, tels que l'Avro Lancaster
britannique ou le B 17 américain égale
presque le double de la longueur. La perte
de puissance des moteurs
avait été compensée par la suralimentation.
Les Britanniques faisaient en général appel
à des moteurs refroidis par liquide, suralimentés
par des compresseurs mécaniques, tandis que
les Américains préféraient les moteurs en
étoile turbocompressés, à refroidissement
par air. Bien que reposant sur des techniques
différentes, les deux formules conduisaient
à des résultats assez comparables au niveau
de la puissance développée. Un autre facteur
avait aussi permis d'améliorer les performances
en altitude : la qualité supérieure de l'essence,
qui permettait d'augmenter considérablement
la pression de suralimentation. Tandis que
les Allemands obtenaient péniblement vers
1940-41 un indice d'octane de 95-97, les Alliés
obtenaient, grâce à l'emploi de divers additifs,
l'équivalent d'un indice de 140. " Les performances
supérieures des moteurs à pistons des avions
alliés fut souvent dues en partie à un meilleur
carburant "(1)
Si
la machine avait pu s'adapter à l'altitude,
il n'en était pas de même de l'homme, qui
devait lutter à la fois contre la raréfaction
de l'air et contre le froid.
1.
"The better performance of Allied piston-engined
planes in World War II was often partly due
to better fuel" : Alan J Levine. The Strategic
bombing of Germany, 1940-1945. Westport, London,
Praeger, 1992, p 17.[retour au
texte]
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