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Les phases
de la bataille (II)
Arrivée
de la cavalerie gothique: au même moment,
la cavalerie de Saphrax et d'Alathée, composée
de Greuthungues, de Alains et de Huns, surgit
des hauteurs comme la foudre et balaie tout
sur son passage. Cette surprise appelle deux
remarques: les Romains n'ont pas disposé d'éclaireurs
autour du champ de bataille; l'arrivée d'une
telle masse de cavalerie visible de loin par
la poussière qu'elle dégage, a été masquée
par la colline où était situé le camp barbare.

Enveloppement:
la ligne romaine est déjà rompue par le combat
initial. Quand arrivent Saphrax et Alathée,
la cavalerie romaine de l'aile gauche fuit
apparemment sans combattre. L'infanterie gothique
reprend courage et contre-attaque. Les fantassins
romains, lâchés par la cavalerie de couverture,
abattus par les traits et les flèches, refluent
en poussant des cris de ralliement. Les Romains
se retrouvent massés en contrebas. Rattrapés
par les cavaliers goths, ils sont bientôt
pris dans une nasse. Alourdis par leur armure
et leur long bouclier, ils n'ont plus l'espace
nécessaire pour manoeuvrer, fuir, ou même
manier l'épée. Les lances brisées, l'escrime
de pointe rendue impossible, on se bat à la
hache. La poussière soulevée aveugle les combattants
qui ne peuvent parer les traits qui atteignent
tous leur but dans cette masse compacte. La
confusion est telle qu'on tue des camarades
par erreur. L'empereur Valens se réfugie auprès
des Lanciers et des Mattiaires qui résistent
un temps.

Déroute
romaine: en fin d'après-midi les pertes, la
pression psychologique et l'épuisement deviennent
si intolérables que les Romains partent en
déroute et se dispersent, abandonnant des
tas de cadavres. Il faut en déduire que l'enveloppement
n'était pas complet, mais laissait une issue
sur l'aile droite. La poursuite est un massacre.
Les Romains sont abattus dans le dos à la
lance ou à l'épée, ou écrasés par la masse
des fuyards et des assaillants. Les routes
sont encombrées de blessés et de chevaux tués.
La nuit met fin au massacre.

Mort
de l'empereur Valens: dans la déroute, l'empereur
a même été abandonné par sa garde (le corps
des Gens d'Armes). Sur l'ordre du général
Trajan, le maître de cavalerie Victor essaie
alors vainement de trouver l'unité des Bataves
placés en réserve, mais ils ont déserté. Victor
les imite comme d'ailleurs Richomer et Saturnin.
Valens trouve une mort anonyme, soit d'une
flèche dans la bataille, soit, d'après le
récit d'un survivant, brûlé vif avec ses eunuques
et ses Candidats (pages impériaux) alors qu'il
s'était réfugié dans une cabane. Son corps
reste sans sépulture.

Fantassin
des années 350-370. Il porte un casque doré
ou argenté à cimier métallique
et une cotte de mailles à longues manches.
L'emblèmes de son bouclier identifi son unité.
Armes offencives : épée longue et lance d'arrêt
avec un fer de type germanique
(source : casque trouvé à Intercisa, Hongrie,
épisème de la Notita Dignitatum, peinture
de la catacombe de la Via Latina, Rome).
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