|
page
1 - page 2 - page 3
- page 4 - page
5 - page 6 - page
7 - page 8
La campagne de 378
En
378, après deux années d'échecs romains dans les Balkans,
l'empereur d'Orient Valens décide d'intervenir en personne.
Il quitte Antioche pour Constantinople où il arrive au début
du mois de juillet. A sa demande, le général Sébastien, un
officier de grande valeur, quitte l'Italie pour prendre le
commandement de l'infanterie à la place de Trajan. Une reconnaissance
situe les Goths aux environs du Mont Rhodope. Sébastien sélectionne
2000 fantassins parmi les légions disponibles et gagne Andrinople
à 200 kilomètres au Nord-Ouest de Constantinople, soit sept
jours de marche. Les habitants de la ville refusent d'abord
de lui ouvrir, croyant à un piège des Goths. Aux environs
de Béroéa près de la rivière Hebrus (Maritza), Sébastien dissimule
ses hommes derrière une colline toute une journée et surprend
un groupe de Goths dans leur sommeil. Fritigern retraite alors
vers le Nord-Est près de Cabyle sur l'actuelle rivière Tundscha,
dans une région de plaines fertiles où aucune surprise n'est
possible. Le relief joue un rôle déterminant dans la stratégie
gothique.
Au
même moment (fin juillet-début août), venu au secours de l'Orient,
Gratien parvient le long du Danube avec un corps léger en
Mésie, au niveau de l'actuelle Bulgarie. Là, il est frappé
de fièvre et harcelé par les Alains qui lui infligent des
pertes. Il est retardé sur place. Auparavant, Gratien avait
dû avorté une première tentative d'intervention pour affronter
une invasion des Alamans sur le Rhin en février 378, et mener
une campagne de représailles au printemps. La situation l'obligeait
à maintenir le gros de l'armée occidentale en Gaule.

Scutatus
des années 380. Il lance un dard plombé. Le bouclier reste
sa seule arme défensive.
Peu après, Valens apprend le succès
de Sébastien et la nouvelle des succès de son neveu Gratien
contre les Alamans. La jalousie le pousse à l'action. Il quitte
la villa de Mélanthias à une vingtaine de kilomètres au Nord
de Constantinople, où il avait établi son camp. Marchant vers
Andrinople pour rejoindre Sébastien, il garantit ses lignes
de ravitaillement par une turme (escadron) de cavalerie et
des archers à pied. Le 6 août, une reconnaissance repère les
Goths à une vingtaine de kilomètres et marchant en direction
du relai de Niké au Sud-Est d'Andrinople. Le but des Goths
est de tourner l'armée romaine qui monte vers Andrinople.
Leur progression est lente car, désormais sur un terrain vallonné,
ils craignent une attaque-surprise au détour d'un accident
de terrain. Valens parvient à Andrinople et construit dans
un faubourg de la ville un camp avec fossé, rempart de terre
et palissade. Arrive alors Richomer, détaché en avant par
Gratien, porteur d'une lettre priant Valens d'attendre l'arrivée
des renforts occidentaux avant d'engager le combat. La veille
de la bataille, les avis des généraux sont partagés: Sébastien,
fort de son récent succès, propose d'attaquer sur le champ;
le maître de la cavalerie Victor, officier d'origine sarmate,
recommande d'attendre Gratien. Valens, impatient, décide d'agir
sans attendre. Il forme sa décision d'après la victoire facile
remportée par Sébastien et la précédente reconnaissance du
6 août qui évalue les Goths à 10.000 hommes.
Les
Goths, tout aussi efficacement informés, ont localisé les
Romains et compris qu'ils étaient repérés. Le 8 août, un prêtre
chrétien est ennvoyé auprès de l'empereur par Fritigern: il
propose la paix et une alliance en échange d'une terre sur
le territoire romain. Par une lettre privée, Fritigern avoue
à Valens qu'il souhaite être son allié et lui conseille de
ranger son armée en bataille pour tempérer les ardeurs belliqueuses
de son peuple qu'il ne contrôle pas. Ces propositions sont
rejetées. Dans le calcul de Valens l'armée d'Orient devait
être plus nombreuse ou équivalente à celle des Goths. Sûr
de sa force, l'empereur voit une occasion facile d'écraser
l'ennemi. Mais le décompte des Goths est incomplet, car ils
sont momentanément privés de leur cavalerie partie fourrager
au loin. Commandée par Saphrax et Alathée, elle est composée
de Greuthungues, d'Alains et de Huns.
page
1 - page 2 - page 3
- page 4 - page
5 - page 6 - page
7 - page 8
|