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L'incroyable mutinerie gothique (suite)
(376-377)
Les
Romains obtiennent quelques succès par la stratégie indirecte.
A la fin de l'année 376, ils parviennent à bloquer une partie
des Goths dans les défilés du Mont Haemus (Balkans). Les Goths
semblent repoussés au Nord des Balkans, le dos au Danube.
Au début de 377, cette stratégie est abandonnée, laissant
la Thrace ouverte au pillage.
Apparemment,
Saturnin, qui a remplacé Richomer retourné en Gaule, craint
d'être débordé par des groupements de Alains et de Huns qui
venaient de s'allier aux Goths. Pour endiguer ces hordes de
pillards, Saturnin divise ses forces en groupes mobiles. Le
tribun des Scutaires (cavaliers cuirassés armés d'un boucliers)
Barzimer, commandant aussi les Cornus (unité germanique) et
d'autres troupes d'infanterie, est surpris par les Goths alors
qu'il installe son camp sous les murs de Dibaltum en Thrace.
Il contre-attaque avec les hommes qui ont eu le temps de s'armer.
Barzimer contient un temps l'ennemi avec égalité, mais une
réserve de cavalerie gothique l'encercle et l'anéantit au
moment où il est fatigué. Barzimer avait pourtant garanti
ses flancs.
C'est
une répétition d'Andrinople à une moindre échelle. La tactique
des Goths est d'épuiser les Romains dans un combat frontal
d'infanterie, puis de les envelopper. Les ailes de cavalerie
romaine semblent toujours repoussées par les cavaliers gothiques.
Néanmoins après cette défaite, Frigérid, général de Gratien,
retourne en Thrace. Il y encourt le risque d'être encerclé
à Béroéa où il a établi son camp et préfère retraiter en direction
des montagnes boisées d'Illyrie (actuelle Serbie). Sur sa
route, il inflige une sévère défaite aux Goths de Farnobe
et à leurs alliés Taïfales nouvellement arrivés.

Scutaire
dont l'armement défensif comprend un bouclier(scutum),
une cuirasse d'écaille, un casque segmenté à nasal.
Armes offensives : lance et épée longue.
A défaut d'étriers, la selle à arçons assure une grande stabilité
au cavalier.
A la fin de l'année 377, aucun résultat
décisif n'est enregistré. Le récit des deux années de guerre
précédant la bataille d'Andrinople souligne les insuffisances
du commandement et surtout des moyens. Les plus grandes opérations
sont entreprises par les généraux de l'Empire d'Occident tandis
que ceux d'Orient leur sont subordonnés ou inférieurs dans
l'action.
Paradoxalement,
les régions dévastées ressortent de l'Empire d'Orient. Le
compte-rendu des opérations est confus. Les Romains ont du
mal à localiser les Goths et leurs alliés. Cela tient au fait
que les Barbares agissent en plusieurs bandes dispersées.
Les Goths renoncent aux opérations de siège où ils ont inaptes
et qui pourraient les fixer. Le relief ondulé de la Thrace
facilite les défilements. La découverte-surprise est donc
à l'origine des trois batailles de Salices, de Dibaltum, et
de celle menée par Frigérid. Les deux adversaires campent
à peu de distance l'un de l'autre autour de Salices et une
reconnaissance romaine décide de l'engagement; Barzimer est
surpris par un groupe non identifié de Goths sous Dibaltum;
Frigérid surprend Farnobe.
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