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NARVIK
1940
par le docteur Jean-Philippe Liardet, PhD

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Création de la 13e DBLE

Au début de l'année 1940, les gouvernement français et anglais décident de soutenir la Finlande contre l'agression soviétique. Il s'agit également de couper la route du fer suédois à l'Allemagne, qui transite par voie ferrée jusqu'à Narvik puis par bateau à l'abri des eaux territoriales norvégiennes. De façon incongrue, le haut commandement français demande à la Légion étrangère de fournir une demi-brigade de montagne pour faire corps avec une demi-brigade de chasseurs alpins.
Comme le 11e REI, les deux bataillons de cette nouvelle unité sont formés en majorité de légionnaires issue des régiments d'Afrique du Nord où les volontaires ne manquent pas. L'encadrement est constitué d'officiers expérimentés. Néanmoins, elle n'est pas seulement une unité de professionnels désireux de se montrer à la hauteur de la réputation de la Légion. Les Espagnols forment ainsi près du quart des effectifs. Les engagés volontaires pour la durée de la guerre donnent à l'unité un caractère mixte, avec des connotations idéologiques évidentes. Néanmoins, tous saisissent une chance de ne pas rester à l'écart des combats à venir.
Le 5 février, la 13e DBLE débarque à Marseille puis gagne le camp du Larzac où elle reçoit des équipements spéciaux pour le combat en montagne. Le 1er mars, l'unité compte 55 officiers et 2 194 légionnaires. Le 27, elle prend l'appellation de 13e Demi-Brigade de la Légion étrangère (DBLE). Son chef est le colonel Magrin-Vernerey, héros de la Grande Guerre (blessé 17 fois), à la Légion étrangère depuis une quinzaine d'années.

La campagne de Norvège

La Finlande capitule le 12 mars. Malgré cela, le haut commandement allié envisage toujours une intervention de vive force à Narvik. Mais alors qu'il abandonne ce projet au profit d'un minage des côtes norvégiennes, moins susceptible de mécontenter les Etats-Unis, Hitler décide d'envahir simultanément le Danemark et la Norvège.
Dans la nuit du 8 au 9 avril, les Allemands débarquent avec audace des troupes à Oslo, Kristiansand, Arendal, Bergen, Trondheim et Narvik. Bien que les forces anglaises soient en état d'alerte, l'emploi des bâtiments de guerre rapides de la Kriegsmarine pour transporter les troupes d'assaut engendre une confusion certaine. La Royal Navy se déploie pour intercepter ce qu'elle croit être le départ de raiders pour l'Atlantique et ne peut empêcher les débarquements. La Luftwaffe fournit un appui aérien considérable et largue des parachutistes à Oslo et à Stavenger.. Sa mobilisation à peine entamée, l'armée norvégienne ne peut opposer une résistance organisée aux colonnes allemandes qui pénètrent à l'intérieur du pays après s'être emparé des grandes villes et des aérodromes.
Après quelques atermoiements, la France et la Grande-Bretagne décident de débarquer des troupes à Namsos et Andalsnes pour reprendre Trondheim.

La situation à Narvik

A Narvik, les Allemands disposent seulement des 2 000 chasseurs de montagne du 139e régiments de chasseurs de montagne du général Dietl. Le 10 et le 13 avril, Les bâtiments allemands, dont 10 destroyers, sont détruits par la Royal Navy. Le 15, la 24e brigade de Guards débarque Harstad. Pour atteindre Narvik, elle doit cependant traverser un fjord et couvrir plusieurs dizaines de kilomètres dans un terrain effroyable avant atteindre son objectif.
Dietl en profite pour organiser 5 bataillons avec les marins survivants et l'armement en provenance des dépôts norvégiens capturés. L'ordre d'évacuation donné par Hitler le 15 est alors annulé. Le 26 avril, suite à l'échec des opérations autour de Trondheim, les Alliés décident de concentrer leurs efforts sur Narvik.

L'arrivée devant Narvik

Entre-temps, la 13e DBLE a reçu l'ordre de gagner Brest où elle s'embarque après avoir défilé dans les rues de la ville sous les acclamations des habitants. Lors d'une étape en Ecosse, les légionnaires sont transférés sur un luxueux paquebot britannique, le Monarch of Bermuda. La 13e DBLE fait désormais partie de la première division de chasseurs commandée par le général Béthouart. Le 4 mai, après 5 jours de mer, le convoi approche de Narvik.
Depuis la dernière semaine d'avril, la garnison allemande est durement pressée au nord par la 6e division norvégienne. La Royal Navy, encore marquée par l'échec de Gallipoli lors de la Première Guerre mondiale, refuse tout assaut amphibie dans les eaux étroites du fjord. La 27e Demi-Brigade de Chasseurs Alpins est débarquée à Elvenes et la 1ère Demi-Brigade polonaise à Ballangen. Les hauteurs sur les deux rives du fjord culminent à 1 800 mètres. Avec peu de skieurs disponibles, les assaillants doivent suivre les rares et médiocres voies de communication. Les mitrailleuses allemandes placées sur les crêtes les stoppent sans difficultés. Il faut toute la détermination du général Béthouart pour que les Anglais acceptent enfin un assaut amphibie. Le 2e bataillon de la 13e DBLE est tout naturellement chargé de cette opération délicate.
Le temps presse car la 2e gebirgsdivision (division de montagne) ouvre la route aux troupes allemandes qui viennent du sud pour dégager Narvik. Les quelques compagnies de commandos britanniques, pour la première fois engagées en opération, ne peuvent stopper les Alpenjägers qui progressent à skis et débordent leurs position. Même le redéploiement de la 24e brigade de Guards ne réussit guère à ralentir leur avance.

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