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Le
début du siège
Tenu dans l'ignorance
de la situation générale, la garnison de Bir
Hakeim aperçoit les premières concentrations
ennemies vers 8 heures du matin. Le capitaine
de Sairigné et ses légionnaires repèrent les
premiers groupes allemands qui se déploient
vers le sud tandis que les Italiens font de
même au nord.
A 10 heures et demi
du matin, deux officiers italiens se présentent
devant les lignes du 2e bataillon étranger
pour demander la reddition de la place mais
le général Kœnig se montre inflexible. Deux
heures plus tard, l'artillerie allemande et
la Luftwaffe prennent la place sous
leur feu. En 10 jours les appareils allemands
vont effectuer plus de 1 300 sorties contre
Bir Hakeim auxquelles il convient d'ajouter
celles de la Regia Aeronautica. Sous
le couvert de cet appui feu formidable, les
fantassins ennemis tentent sans succès de
s'infiltrer dans les lignes française. Les
défenseurs sont si bien enterrés qu'il faut
un coup direct pour les toucher.
Le lendemain, le 3 juin,
c'est un anglais prisonnier qui apporte un
ultimatum de la main même de Rommel :
" Toute résistance ultérieure ne conduirait
qu'à une effusion de sang inutile. Elle vous
vaudrait le même sort que les deux brigades
de Gott El Oualeb qui ont été anéanties avant-hier.
Nous suspendrons le combat dès que vous hisserez
le drapeau blanc et viendrez à nous sans armes.
"
Le
général Koenig ne prend même pas la peine
de répondre. Le 3 juin 1942 à 9 heure 30,
il signe la communication suivante :
" Nous devons désormais nous attendre à
une attaque sérieuse par tous les moyens combinés
(aviation, chars, artillerie, infanterie).
Elle sera puissante.
Je renouvelle mes ordres et ma certitude que
chacun fera son devoir sans faiblir, à sa
place, coupé ou non des autres.
Notre mission est de tenir coûte que coûte,
jusqu'à ce que la victoire soit définitive.
Bien expliquer cela à tous, gradés et hommes.
Et bonne chance à tous. "
Au même moment, le retour
de la colonne Broché entraîne la reprise des
combats. L'investissement de Bir Hakeim n'est
pas encore complet et les hommes du bataillon
du Pacifique regagnent sans trop de difficultés
les positions françaises. L'artillerie antiaérienne
et la chasse britannique protègent efficacement
la garnison contre les avions ennemis. La
7e brigade motorisée anglaise, positionnée
non loin de là, soutient les Français de son
artillerie.
Le 4 juin à 4 heures
du matin, la 90e division légère envoie un
nouvel émissaire éconduit fermement par les
légionnaires, conformément aux instructions
de Kœnig. Peu après, une attaque des panzergrenadiers
du 104e régiment est repoussée par le 2e bataillon.
Sa compagnie d'appui complète efficacement
le feu des canons de 75 avec des pièces de
47 italiennes récupérées le 27 mai. A midi,
les assaillants décrochent. Pour éviter toute
infiltration nocturne, la compagnie du capitaine
de Sairigné est disséminée en petits groupes
à la lisière des champs de mines. Le moindre
mouvement est communiqué par téléphone aux
servants des canons de 47.
Une
résistance héroïque
Au nord, la bataille
du " chaudron " tourne à l'avantage
de Rommel. Le 5 juin, les Anglais attaquent
trop tardivement et de manière décousue. Ils
sont rejetés avec de lourdes pertes. Ce jour
là, aucun appareil de l'Axe n'apparaît dans
le ciel de Bir Hakeim.
Toutefois, le ravitaillement
commence à manquer. La ration quotidienne
d'eau n'est plus que de 2,5 litres par jour
et par homme et va diminuant. La consommation
d'obus de 75 et d'obus antiaériens est également
préoccupante. Ce jour là, un convoi anglais
apporte 6 000 coups de 75 mais échoue dans
sa tentative d'évacuer les blessés les plus
graves.
Le 6 juin à 11 heures,
la 90e division légère repart à l'attaque
et se trouve stoppée à 800 mètres du fort
en ruine. Le lendemain, l'ennemi fait une
nouvelle tentative vers 11 heures 20, à la
jointure des positions du 2e bataillon étranger
et du bataillon du Pacifique. Appuyés par
des canons de 50 mm antichars, les panzergrenadiers
arrivent à moins de 500 mètres des lignes
françaises. Il faut l'intervention de deux
compagnies du 3e bataillon de la Légion pour
les arrêter. L'attaque reprend dans l'après-midi
avec le soutien d'une vingtaine de chars.
Les canons antichars attendent que les blindés
ennemis s'approchent à quelques centaines
de mètres pour ouvrir le feu. Puis la crise
se déplace au sud où l'ennemi exerce également
une forte pression avant de renoncer.
Le 7, les Allemands
se contentent de harceler les défenseurs et
de chercher des nouveaux axes d'attaque. Par
contre, la colonne mobile opérant entre les
champs de mines doit regagner la place, désormais
totalement investie. La nuit, un dernier convoi
de 15 camions de ravitaillement réussit à
franchir les lignes ennemies.
Le 8, Rommel prend personnellement
la direction des opérations. Les assaillants
réussissent à prendre pied sur la cote 186
qui surplombe le camp retranché. Les bren
carriers du 3e bataillon de la Légion se tiennent
prêt à contre-attaquer mais les Allemands
semblent également fatigués après ces durs
combats. Le nord et l'est de la place font
à leur tour l'objet de violents assauts alors
que de nombreuses attaques aériennes se joignent
aux incessants tirs d'artillerie. La garnison
reçoit toutefois le soutien des chasseurs
de la RAF alors que la 7e brigade motorisée
anglaise harcèle vigoureusement les arrières
de l'ennemi.
Cette journée, la plus
dure depuis le début du siège, se solde pour
la garnison par 34 tués et 67 blessés.
La journée du 9 est
également difficile malgré l'action de trois
nouvelles colonnes anglaises. Le bataillon
du Pacifique est très vite en difficulté.
Il faut l'intervention des bren carriers de
la Légion pour stabiliser la situation.
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