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Rommel
déclenche son offensive
Alors que la 8e armée
se prépare à l'offensive, Rommel la devance.
Dans la nuit du 26 mai, il entraîne l'Afrikakorps
(15 et 21e panzerdivisions, auxquelles s'ajoute
la 90e division légère) soutenu par le 20e
corps d'armée italienne (division blindée
Ariete et division motorisée Trieste)
dans un vaste mouvement tournant au sud de
Bir Hakeim.
Toute la journée du
27, les unités blindées britanniques placées
en réserves sont engagées sans coordination
contre l'Afrikakorps et subissent des
pertes considérables. Néanmoins, ces succès
coûtent également cher aux Allemands qui se
retrouvent progressivement isolés dans la
profondeur d'un dispositif ennemi dont ils
avaient mal mesuré l'ampleur.
Dès la découverte des
premiers mouvements ennemis, le général Kœnig
fait prendre les dispositions de combat. Après
avoir submergé sans difficultés les positions
de la 3e brigade d'infanterie motorisée indienne
avec l'aide d'une partie de la 21e panzerdivision,
la division Ariete prend la direction
de Bir Hakeim où elle arrive vers 8 heures
du matin. Une heure plus tard, une vague de
50 chars puis une seconde de 30 chars se portent
à l'attaque sur tout le pourtour de la place.
L'impétuosité de l'attaque italienne est telle
que 6 chars réussissent à pénétrer à l'intérieur
du dispositif français malgré le feu des canons
antichars, renforcés par les bofors antiaériens.
Le colonel Prestissimone, commandant du 132e
régiment blindé, est blessé puis capturé après
avoir vu trois chars détruits sous lui. Au
total, les Italiens perdent 32 chars dont
12 en raison des mines pour un seul blessé
français. L'Ariete n'insiste pas et
rejoint l'Afrikakorps.
Dans l'après-midi, les
légionnaires du capitaine Lamaze, en patrouille
au nord de Bir Hakeim, affrontent un fort
détachement de la Trieste en provenance
du nord et détruisent deux blindés avec leurs
canons de 75. Le lendemain, le groupement
tente sans succès de prendre contact avec
la 150e brigade britannique dont le réduit
se trouve plus au nord. Elle subit de violents
tirs d'artillerie et doit se retirer non sans
avoir détruit une demi-douzaine d'autoblinde
italiennes.
Accalmie
à Bir Hakeim
La situation aux alentours
de Bir Hakeim demeure calme dans les jours
suivants malgré l'infiltration d'unités italiennes
entre les deux branches du champs de mines
et quelques méprises de l'aviation anglaises
qui bombarde les positions françaises ! L'eau
se fait rare avec l'arrivée de 600 Hindous,
capturés puis abandonnés par des Allemands
à court d'approvisionnements, et la présence
de 200 prisonniers.
Renforcé, le détachement
du capitaine Lamaze reçoit l'ordre de la 7e
division blindée britannique de repérer et
de colmater la brèche ouverte par l'ennemi
dans le champ de mines. Accompagné par le
lieutenant-colonel Amilakvari, les légionnaires
sont surpris dans la région du Gareth Dadhuah
mais parviennent cependant à décrocher avec
l'aide opportune de la douzaine de bren
carriers de la 9e compagnie du capitaine
Messmer.
Le 31 mai, un convoi
de ravitaillement parvient à Bir Hakeim. Le
commandement anglais est alors convaincu de
la déroute de l'Afrikakorps et ordonne
à la 1ère brigade française libre de s'apprêter
à contre-attaquer dès l'arrivée de ses véhicules.
En attendant, le lieutenant-colonel Amilakvari
entraîne une petite force entre les champs
de mines, réussissant à détruire 5 chars italiens.
Le 1er juin, le bataillon
du Pacifique commence à faire mouvement sous
de violentes attaques aériennes.
L'Afrika
Korps en difficulté
Alors qu'un calme relatif
règne autour de Bir Hakeim, les combats font
rage plus au nord. L'Afrikakorps, dont
les premiers éléments approchent pourtant
de Tobrouk et de la route côtière, se trouve
en effet en grande difficulté face à la supériorité
numérique des chars britanniques et à la puissance
de feu des nouveaux Grant de fabrication américaine.
L'échec des Italiens
devant Bir Hakeim rend l'approvisionnement
par le sud délicat et Rommel doit abandonner
son plan initial pour regrouper les trois
divisions de l'Afrikakorps à l'Est
et au Nord du box de la 150e brigade britannique.
La survie des Allemands dépend alors de l'ouverture
d'un corridor dans la ceinture de mines. L'inactivité
ou le manque de coordination des attaques
britanniques laissent à Rommel le loisir d'improviser
un nouveau plan. Il décide de s'emparer de
toute la partie sud de la ligne Gazala, de
Gott El-Oualeb à Bir Hakeim, pour contraindre
la 8e armée à une retraite générale.
Il concentre donc une
partie de ses forces pour appuyer l'attaque
italienne depuis l'Ouest. Faute de secours,
la 150e brigade d'infanterie succombe le 1er
juin. Une brèche de 16 kilomètres permet dès
lors le ravitaillement de l'Afrikakorps.
Rommel envoie immédiatement la 90e division
légère et la division motorisée Trieste vers
Bir Hakeim où elles arrivent dans la nuit
du 1er au 2 juin.
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