History4war : base de données en histoire militaire et conflits contemporains
- -
150 dossiers, fiches ou articles + de 1000 pages en ligne

Sommaire

Recherche

formulez votre requête
Recevez notre bulletin

Dossier

Campagnes & batailles
Musée
news4war
Annuaire thématique
Boutique

proposer un article I recrutement I publicité I infos I contact

history4war.com

Enemy at the Gates : Stalingrad


Film de guerre, duel entre deux hommes, fresque historique… Stalingrad de Jean-Jacques Annaud mélange les genres avec plus ou moins de bonheur mais offre un spectacle impressionnant et un magnifique face à face de soldats d'élite. Et pourtant, la bande-annonce, disponible entre autres sur le net, laissait craindre le pire : de l'amour dans les ruines et une scène de combat digne de la guerre des Zoulous… C'est donc en traînant les pieds que nous sommes allés découvrir les aventures de Vassili Zaïtzev, tireur d'élite et héros de l'Union soviétique. Stalingrad est donc d'abord l'histoire d'un homme, celle d'un modeste chasseur sibérien qui devient par ses exploits et la volonté de la propagande communiste l'icône de l'armée rouge. L'un des attraits du film tient d'ailleurs aux rapports qu'entretiennent le héros, modeste et effacé, et le commissaire politique Danilov, qui l'a découvert et se charge d'entretenir le mythe pour soutenir le moral chancelant des troupes. La célébrité de Zaïtzev lui vaut de devenir la proie du major König, as des tireurs d'élite allemand. Il faudra 2 h 30 pour que ce duel trouve son accomplissement logique, après des scènes de " sniping " d'anthologie, filmées dans des décors à tomber par terre.

Les deux hommes s'affronteront à quatre reprises, et le major König, malgré ce que l'on pourrait croire pour un " méchant ", ne se montre pas le moins malin des deux. Le personnage de König est d'ailleurs très attachant, et Ed Harris, bien sûr, toujours parfait dans le rôle du bel aryen aux cigarettes de luxe… Il en éclipse d'ailleurs Zaïtzev, incarné par Jude Law, fort sympathique mais à qui il manque clairement la hargne tranquille de son adversaire. Les meilleurs moments du film sont ainsi ceux où les deux hommes, conscients de la valeur de chacun, se cherchent et tentent de se piéger, avant un dénouement final un peu abracadabrant mais qui ne manque pas d'élégance. On en redemande !

Côté historique, Annaud maîtrise son sujet, avec une reconstitution exceptionnelle : les traversée de la Volga sous le feu ennemi, les jeunes recrues soviétiques menées à l'abattoir par les commissaires politiques, les attaques aériennes, la tension au sein des abris, le tout dans des décors qui forcent l'admiration, qu'il s'agissent des vues aériennes impressionnantes de la ville en ruine ou des usines et immeubles déchiquetés. Les erreurs historiques ne sont pas absentes, loin de là, mais l'ambiance générale les compense. Citons la trop grande part accordée aux commissaires politiques dans la conduite de la bataille, les blindés allemands ridicules ou la présence de T-34/85 (apparus seulement l'année suivante). Heureusement peu nombreuses, les scènes de batailles sont très décevantes : on se fusille en ligne et on setiraille dessus mollement.

Trois fautes sont toutefois regrettables. Tout d'abord, les Allemands sont tous vieux et gras (à part König), c'est courant puisque ce sont les méchants du film, mais à ce point, ça en devient risible ! Ensuite, le film est entièrement tourné en anglais, ce qui est quand même très agaçant et pas très respectueux des Russes. Enfin, dans la même veine, si Jude Law campe un fringant slave, comme 90% des soldats russes représentés dans le film, rappelons tout de même que le véritable Zaïtzev était un Sibérien d'origine asiatique, comme une large proportion des combattants de l'armée rouge. Même s'il est passionné d'histoire, Annaud a quand même préféré ne pas prendre de risque en choisissant un beau surhomme américain pour tenir le rôle principal…

Pour en revenir au superbe affrontement entre König et Zaïtzev, il est malheureusement pollué par de multiples couches historiques et dramatiques tout à fait superflues. Passe encore pour l'histoire d'amour, plutôt discrète et qui apporte un moteur dramatique non dénué d'intérêt, mais Annaud a trop cherché à tout expliquer : l'origine et les aspirations des personnages et tout le contexte de la bataille de Stalingrad. De fait, si Stalingrad s'apparente aux Duellistes de Ridley Scott, ce dernier ne se sert du cadre historique que pour asseoir un face à face entre deux personnalités, alors qu'Annaud n'a pas su se contenter de l'essentiel. De fait, Stalingrad dure presque une heure de trop : en condensant l'histoire du duel entre le jeune Soviétique et son adversaire, Annaud aurait réalisé un film d'anthologie, un huis clos époustouflant. Il faut donc se contenter d'un bon film de guerre et non d'un film culte, c'est déjà pas si mal !

Article de l'encyclopédie Britannica sur la bataille de Stalingrad http://www.britannica.com/bcom/original/article/0,5744,16648,00.html

Le site officiel du film en anglais
http://www.enemyatthegatesmovie.com/

Le site officiel du film en français
http://www.stalingrad-lefilm.com/

 




© 1997-2001 - HISTORY4WAR - NET4WAR
Pour publier des publicités ou pour proposer des partenariats, contactez notre service commercial
Si vous constatez des dysfonctionnements, n'hésitez pas à nous en faire part
Réalisation technique : STRATAEGIS
- -
Ce site fait partie du portail en défense et sécurité NET4WAR.COM