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La guerre
contre la Prusse (fin)
(1870-1871)
La campagne contre la IIIe République
La
défaite impériale et la menace sur la capitale provoquent
une flambée de patriotisme dans tout le pays. A Paris, une
insurrection populaire porte au pouvoir un gouvernement
provisoire animé par Léon Gambetta et présidé par le général
Louis Jules Trochu, alors gouverneur militaire de Paris.
La IIIe République remplace l'empire (4 septembre 1870).
Trochu
organise avec vigueur la défense de la capitale. La garnison
compte rapidement 120 000 réguliers : rescapés des combats
précédents, réservistes et troupes de marine (20 000). 80
000 gardes mobiles et 300 000 gardes nationales complètent
ce dispositif impressionnant sur le plan numérique mais
d'une valeur militaire discutable. 400 000 fusils et 2 000
pièces d'artillerie d'inégale qualité sont distribués à
ces hommes. La place est couverte par une impressionnante
double ceinture de fortifications. En face, Moltke dispose
de seulement 150 000 hommes. Il opte donc pour un siège
plutôt que pour un assaut meurtrier. Il s'agit d'attendre
l'arrivée des troupes et des pièces d'artillerie de siège
immobilisées dans les sièges de Metz,
de Strasbourg, de Verdun et de Belfort
notamment. Par ailleurs, ses lignes de communications restent
harcelées par les francs-tireurs.
La
situation s'équilibre alors, car, contre toute attente,
les défaites ont stimulé la volonté de résistance française.
Dans le nord du pays et dans la vallée de la Loire les forces
françaises se reconstituent. Le nationaliste italien Giuseppe
Garibaldi se rallie à la cause de la république française
avec plusieurs milliers de volontaires.
Gambetta
réussit à quitter Paris en ballon et gagne Tours (11 novembre
1870). Cet exploit galvanise les Français qui en font un
symbole. Gambetta nomme Louis Jean-Baptiste d'Aurelle de
Paladines au commandement de l'armée de la Loire et le presse
de marcher sur Paris car Bazaine vient de se rendre à Metz
(27 octobre). Les troupes et l'artillerie de siège entourant
la place sont donc désormais disponibles. Aurelle remporte
la bataille de Coulmiers (9 novembre) et reprend Orléans.
Mais il ne fait aucun effort pour exploiter son avantage.
L'armée
du nord du général Faidherbe tente de dégager Paris mais
échoue à Villers-Bretonneux (27 novembre). Renforcée par
les combattants échappés des combats de Metz
et de Sedan et bien équipée, elle
manque cependant encore d'effectifs pour dégager la capitale.
Elle va néanmoins réussir à protéger le nord du pays de
l'occupation.
Sur
la Loire, la IIe armée allemande, en provenance de Metz,
s'empare de nouveau d'Orléans après deux jours de violents
combats (2-4 décembre). Le général Chanzy prend alors le
commandement et regroupe brillamment les forces françaises
vers Le Mans. Trois de ses corps lui sont alors retiré pour
renforcer l'armée de l'est. Son offensive est repoussée
au Mans (10-12 janvier 1871) mais malgré son infériorité
numérique, il contient les Allemands sur la Loire.
L'armée
de l'est commandée par le général Bourbaki et Garibaldi
s'efforce de lever le siège de Belfort.
Malgré une nette supériorité numérique (150 000 hommes contre
60 000) les Français sont repoussés avec de lourdes pertes.
Le général Clinchant remplace Bourbaki mais se trouve pris
en tenaille avec l'arrivée d'une armée de renfort allemande.
Acculée à la frontière suisse, l'armée de l'est se fait
interner à Pontarlier. Commandée par le colonel Denfert-Rochereau,
Belfort résiste néanmoins jusqu'à la fin des hostilités.
L'échec
des armées de secours et des tentatives de percées scelle
le sort de Paris, bombardée depuis
le 5 janvier. Le général Trochu signe un armistice le 26
janvier et capitule deux jours plus tard à Versailles. La
garnison rend les armes sauf les gardes nationaux, assimilés
par les vainqueurs à des forces de police. Ceux-ci tentent
alors de s'emparer du pouvoir. Les Allemands autorise le
réarment d'une partie des troupes françaises. Après 10 jours
d'émeute, il faudra une semaine de combats meurtriers pour
écraser la Commune (21-28 mai).

Fusillier
marin lors du siège de Paris
musée de l'Empéri de Salon-de-Provence (collections du Musée
de l'Armée)
photo : Empéri Multimédi@
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