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La campagne
du Mexique
(1870-1871)
Le contexte politique et diplomatique
De
1857 à 1860, le Mexique connaît une guerre civile qui oppose
le parti conservateur de Félix Zuloaga au parti libéral
de Benito Juarez. Le premier installe son gouvernement à
Mexico, le second à Vera Cruz. Après sa reconnaissance par
les Etats-Unis (6 avril 1859) et sa victoire de Calpulalpam,
Juarez contrôle l'intégralité du pays (22 décembre 1860).
Cette
période de troubles ayant épuisé les finances du pays Juarez
décide de confisquer les biens de l'Eglise et de suspendre
le paiement de la dette extérieure, les principales puissances
créancières envoient alors un corps expéditionnaire au Mexique
pour faire valoir leurs droits.
700
royal marines britanniques, 6 000 Espagnols et 2 500 Français
débarquent à Vera Cruz où ils sont aussitôt atteints par
la fièvre jaune. Le commandant espagnol, le général Don
Juan Prim, négocie leur installation sur des hauteurs plus
salubres. Mais cette convention de Soledad légitime le gouvernement
de Juarez. Les troupes débarquées ne sont alors plus des
forces de police mais des forces d'invasion.
Lors
des négociations qui s'ouvrent sur le règlement de la dette,
la France réclame des indemnités volontairement exorbitantes.
Les opérations militaires
Le
général Lorencez prend le commandement et reçoit l'ordre
de marcher sur la deuxième ville du pays, Puebla, dont la
prise ouvre les portes de Mexico. Son armée ne compte guère
que 6 000 hommes valides, appuyés par quelques batteries
d'artillerie. Le 28 avril, les Français forcent le passage
des monts Cumbres, à Acultzingo contre une force sensiblement
égale. Le 5 mai, ils se lancent à l'assaut de Puebla,
défendue par des forces deux fois supérieures en nombre
(12 000 hommes). Les puissantes murailles de la ville rendent
la préparation d'artillerie française inefficace. Les assaillants
subissent de lourdes pertes et la cavalerie mexicaine lance
une contre-attaque de flanc. Les Français doivent retraiter
vers Vera Cruz. La première bataille pour Puebla est terminée.
Cet
échec provoque un grand émoi en France. Pour laver cet affront
un nouveau corps expéditionnaire de 30 000 hommes est dépêché
au Mexique sous le commandement du général Elie Frédéric
Forey. Le 19 mars 1863, le siège
de Puebla commence. La garnison de la ville comporte
désormais 15 000 hommes et les fortifications ont été renforcées.
Le siège, long de 62 jours, est marqué par des combats de
rue acharnés. Des pièces de siège sont rassemblées à Vera
Cruz. Le convoi comporte aussi la contribution française
à la campagne du Mexique, soit trois millions de francs-or.
Il arrive sans encombres en raison du sacrifice d'une compagnie
de la Légion étrangère qui déjoue une embuscade juariste
à Camerone (30 avril 1863). Entre-temps,
le général Bazaine remporte une victoire décisive à San
Lorenzo (8 mai 1863) sur une armée de secours en provenance
de Mexico. Le 19 mai, la garnison de Puebla capitule. Le
7 juin les Français entrent dans la capitale espagnole évacuée
par le gouvernement de Juarez.

L'assaut
du pénitencier de Puebla
Pour
diriger ce nouvel empire, le choix de Napoléon III s'est
porté sur l'archiduc Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche
François-Joseph. En attendant son arrivée, ordre est donné
à Bazaine d'en finir avec les juaristes. En tenant compte
de l'expérience acquise lors de la conquête de l'Algérie,
celui-ci mène alors une campagne victorieuse dans le nord
du Mexique. Les unités semi-régulières de contre-guérilla
du colonel Charles Dupin font régner la terreur sans qu'il
soit possible de mesurer réellement leur apport : la guérilla
décroît alors que la rancœur contre la France augmente.
Cependant,
le soutien des troupes de la nouvelle armée impériale mexicaine
s'avère finalement fort efficace. A Morelia (18 décembre
1863) et à San Luis Potosi (27 décembre 1863) les impériaux
mexicains remportent seuls la victoire sur des assaillants
juaristes pourtant supérieurs en nombre. La dernière offensive
des troupes de Juarez a lieu à Matehuala (17 mai 1864).
La résistance des troupes impériales mexicaines et l'intervention
des forces françaises ont raison de la dernière armée juariste.
Jusqu'à la fin de 1865, la campagne ne comporte plus d'engagements
majeurs avec un ennemi cantonné, quelquefois avec succès,
aux opérations de guérilla.
Vers le désengagement français
Malgré
le succès militaire, le nouvel empereur Maximilien n'arrive
pas à asseoir un pouvoir qui vaut d'abord par le soutien
des armes françaises. Face à l'hostilité montante de l'ensemble
de la population, le manque de moyens financiers ainsi que
la morgue et la corruption des élites ne facilitent pas
la tâche de ce monarque étranger. Par ailleurs, l'attitude
équivoque du général Bazaine laisse transparaître l'ambition
de prendre la tête d'un gouvernement dictatorial.
La
fin de la guerre civile américaine se traduit immédiatement
par une forte implication du gouvernement américain dans
le conflit. Celui-ci continue en effet à reconnaître comme
seul légitime le gouvernement de Juarez. Les juaristes reçoivent
donc des armes et un fort soutien logistique alors que la
pression diplomatique des Etats-Unis sur la France s'accroît.
Par appuyer cette démarche, une armée de 50 000 hommes est
rassemblée au Texas, sous le commandement du général Shéridan.
Plus de 100 000 volontaires s'apprêtent à la rejoindre.
Pragmatique,
Napoléon III proclame la victoire (22 janvier 1866) et commence
le retrait progressif du corps expéditionnaire français
affaibli par la fatigue, la fièvre jaune et les désertions.
Ce retrait est accéléré par l'aggravation des tensions en
Europe provoquée par l'affrontement entre la Prusse et l'Autriche.
Bazaine et les dernières troupes françaises quittent le
pays au début de l'année 1867.
L'armée
impériale mexicaine, pourtant forte de près de 30 000 hommes
ne peut alors empêcher la victoire des troupes juaristes
en quelques semaines. L'empereur Maximilien refuse d'abdiquer
et se réfugie à Querétaro. Trahi par ses propres hommes
il est capturé (14 mai) et exécuté (19 mai). Juarez retrouve
un poste de président qu'il gardera jusqu'à sa mort en 1872.
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